Archives pour la catégorie la vie comme elle va

première neige.

 

C’est la toute première pour elles, elles n’en avaient jamais vu auparavant puisqu’elles sont nées au printemps.
Quand j’ai ouvert le poulailler, elles m’ont suivie comme tous les matins et se sont arrêtées net devant le désastre.

C’est quoi cette histoire ? Qu’ont fait les humains pendant la nuit ? En plus il fait un froid de canard, pensent-elles, en poules habituées à la chaleur qui n’a jamais fait défaut jusqu’au vingt octobre.
C’est quoi ce manteau blanc que les humaines ont posé là pour nous tenir dans le hangar, dans la botte de paille et qu’on n’aille plus taper la porte-fenêtre et réclamer nos vers de farine ! Quelle ignominie ! Et t’as vu comme elles sont habillées ? Ces horribles capuches, ces grosses doudounes sans élégance ! Ces bottes d’éléphant aux pattes ! Nous on a nos plumes de couleur, na !
Qu’est-ce qu’on va faire si on ne peut gratter la terre ?

Oh ! L’humaine prend une pelle, j’ai peur, j’ai peur, vite tout là-haut sur la balle de paille.

Étonnées, peut-être un déstabilisées, sans aucun doute mécontentes.

Joëlle leur a fait une trace afin qu’elles puissent gratter un peu.
J’ai apporté les vers de farine sur lesquels elles se sont précipitées avec gourmandise.
Nous sommes montées au hangar plusieurs fois, vérifier que tout allait bien. Tout allait bien, sauf ma Judith toute emmitouflée dans la paille du poulailler, pas du tout prête à sortir, elle connaît déjà l’hiver, le cinquième pour elle et elle n’a pas du tout envie d’aller gratter quoi que ce soit parce que le froid, la neige, le vent la fragilisent.
Deux jours que ma Judith ne bouge guère, sauf pour l’arrivée des madeleines, le soir, avant de refermer la porte du poulailler.

Par contre Ana fut la première à courageusement affronter la tempête et passer la tête dans la chatière pour nous prévenir qu’elle aimerait bien qu’on s’occupe un peu de son gosier.
Aujourd’hui, Maggie l’a suivie. Elles sont restées une grande partie de l’après- midi sur la terrasse, perchées sur le tas de bois. Elles papotaient au soleil, car le soleil a daigné nous rendre visite.

Maintenant, il y en a une particulièrement heureuse de retrouver la neige : c’est Gaïa. Et ce matin, en balade, elle n’a cessé de courir pendant que j’évitais les branches lourdes de neige collante et parfois prêtes à casser.

Seuls les chats ne sont guère dérangés, ils se prélassent comme si l’hiver ne les concernait pas.

 

44991998_2133025163382474_3180590704808165376_o.jpg

 

ps: Dans le Puy de Dôme, ça va à peu près, beaucoup de branches cassées sur les routes, des coupures d’électricité, pas d’internet (par intermittence seulement), rien de méchant par rapport à certains départements sinistrés comme l’Aude tout récemment.

Publicités

Jack, mon pot de colle.

Nounou un jour, nounou toujours.

Avec ma petite fille parfois, et surtout avec Jack, depuis qu’il est petit, je le prends de temps à autre, parce que…

Comme je suis en villégiature dans la vallée du Rhône, il ne me quitte pas d’une patte, il connaît moins bien que ma Matheysine à chemins et à lacs.

Mais ce matin, j’ai eu un peu peur, un peu beaucoup, terriblement.

Mon beau-frère est venu changer ma roue de voiture.

Eh! oui, j’avais crevé le pneu tout neuf… c’est la première fois que je crève en trente ans! Mauvais pneu, mauvais trottoir, mauvais bus qui prit toute la place sur l’épais ralentisseur.

Bref! Du monde dans le parking clos qui ne fut pas si clos avec les entrées et sorties des véhicules des voisins de mon père.

Bref! Nous étions fort occupés à comprendre comment on récupérait la roue de secours.

De ci, de là, j’entendais les voisins parler à Jack qui s’occupait comme il pouvait.

Il fallait que je prépare aussi le plat de mon père, aller-retour entre la cuisine de l’appartement et ma voiture.

Puis, soudain, tout à coup j’ai repensé à Jack.

Je l’ai appelé, fait le tour de l’appartement, du parc clos… pas de réponse lui qui me suit comme si j’allais disparaître d’une minute à l’autre. Je ne comprenais plus.

Quand je l’appelle, il répond toujours… sauf en cas de femelle incendiante.

Il connaît le chemin qui va jusqu’à la rivière, toute la balade des matins (5kms) et moi qui le cherche et qui appelle.

Pas de Jack!

Quand je suis revenue en nage et désespérée, mon beau-frère riait aux éclats. Il venait de le trouver caché sous mon siège passager.

Place qu’il n’a pas le droit d’occuper bien sûr.

Il était tout penaud et moi toute soulagée.

DSC_1823

Ensuite…

je suis allée siester, avec lui tout près de moi.

 

Et maintenant… waouf! il attend pour une nouvelle randonnée. Plein soleil.

DSC_1824

 

 

 

 

 

 

le jour parapluie.

Ce jour-là j’allais à Lyon à la rencontre de Quichottine et Pastelle.

Ce jour-là quand je me suis garée pour aller prendre mon train il pleuvait à verse.

J’ai toujours un parapluie dans la voiture même si je déteste les parapluies même si je ne m’en sers jamais car la capuche suffit.

Ce jour-là entre ma voiture et le quai il fallait choisir d’être arrosée y compris avec la capuche ou être un peu protégée par le fabuleux parapluie offert par ma sœur qui s’ouvre à l’inverse d’un parapluie normal, ce qui fait que lorsque vous sortez du véhicule ou que vous y entrez plus de problème d’accrochage entre les baleines et la portière comme dans la pub mais dans la pub c’est toujours plus facile.

 

Capture

 

Et j’ai téléphoné à Quichottine bien installée dans son TGV, elle n’avait pas de parapluie, la capuche suffit me dit-elle… Alors je prends le mien répondis-je, si on voulait un peu se baguenauder dans les rues lyonnaises ce serait peut-être utile.

A contre-cœur je l’ai emporté et imaginez combien j’ai horreur d’être encombrée, d’autant qu’il n’entrait pas dans mon petit sac à dos, étanche le sac à dos. Et quand je me promène sous la pluie je prends une cape de pluie, rouge la cape pendant la saison de la chasse  (quoique entre les chasseurs daltoniens, les astigmates, les alcooliques, les trophéistes et les avides du sang des  bêtes, je ne me sens jamais tout à fait tranquille).

Revenons à cet encombrant qui m’encombra jusqu’au retour car à Lyon, la capuche de Quichottine et ma capuche suffirent aux quelques gouttes de pluie qui ne nous gênèrent absolument pas.

De marche en marche il claquait sur le côté, de rue en rue je le balançais d’une main à l’autre, jamais content de ne pas servir.

Au restaurant, il ne fallut pas l’oublier tout couché par terre à mes pieds, dans la voiture de Pastelle, il ne fallut pas l’oublier, dans la grande salle de Rockeffeler où se tenait la réunion de l’association Rêves, il ne fallut pas l’oublier, ni dans le métro, ni dans le train du retour.

Il retrouva enfin la place de laquelle il n’aurait pas dû bouger, il y est toujours.

Et le pire, c’est que j’aurais pu m’en servir d’ombrelle, il faisait beau cet après-midi là, très beau.

_20170313_143946

 

édition: la symphonie…

Voilà, il est là.

Le récit de « La symphonie de Jeanne » est publié.

Sur la couverture vous avez le début de l’adagietto de la cinquième symphonie de Mahler, pour les amateurs de musique.

Je le vends au prix de fabrication, ainsi n’ai-je rien à gérer et surtout pas des revenus et encore moins des dons à droite à gauche… Je les fais selon mes attachements et engagements personnels, je dis cela car pour mes premiers livres les dons allaient à des associations, mais c’était compliqué.

 

Vous avez encore un extrait en accès libre: ici.

Pour ceux qui veulent le lire sur le blog, vous pouvez me contacter pour le code.

Personnellement, cela me fait toujours plaisir d’avoir mon livre entre les mains, après…

Après il a sa vie propre.

 

Passez de bonnes fêtes, à l’année prochaine. 🙂

 

la-symphonie-de-jeanne.jpg

les papoteuses palmées.

 

 

Elles sont trois, bien en ligne côte à côte, bien centrées dans l’espace de bain de la partie qui nous est consentie par les maîtres nageurs. Ils se réservent deux à trois lignes pour leurs élèves et cours particuliers.

Elles portent l’obligatoire bonnet avec les lunettes disgracieuses posées dessus, mais leur tête sont hors de l’eau. La planche de natation à l’avant toute, et les palmes à vagues ancrées aux pieds, elles dépassent tous les nageurs conformistes.

C’est le cortège des papoteuses.

Il faut s’en méfier, je vous le dis, s’en méfier énormément.

Leurs éclats de voix bourdonnent jusque sous l’eau, et leurs papotages nous parviennent et freinent parfois nos élans brassés car elles passent sans souci de l’autre, griffant aussi les jambes de grenouilles qui s’aventurent trop près.

Je les fréquente assidûment depuis que j’ai repris la natation, et comme je ne peux m’inscrire au club, déplacements fréquents d’un endroit à l’autre, je me débrouille dans le bassin et selon la population, ce sont des moments sympathiques quand il y a peu de monde, ou des moments éprouvants à toujours faire attention au nageur qui vient en face quand nous sommes trop nombreux.

Parfois je ruse et passe dans la ligne des bons niveaux, moi qui ralentis tout le monde, et là je peux encore crawler gentiment, mais pas question de m’amuser à cette nage et encore moins pratiquer le dos, lorsque nous sommes tant de grenouilles à se déplacer sur quatre lignes libres.

Les papoteuses vont bon train, celle du milieu tournant la tête à droite, puis à gauche, celle de gauche a le cou tordu à droite et inversement pour celle de droite. La logorrhée ne cesse jamais, une demi-heure, une heure (jamais plus car lasse je m’en vais).

Je ne sais si elles se rendent compte de l’agacement des autres nageurs, en tous cas elles les ignorent, la piscine leur appartient. Entre nous, quand on se retrouve deux minutes en repos on se regarde en soupirant. Ce sont les obstacles les plus difficiles à éviter, et moi qui aime la liberté de la nage en lac, je suis confrontée à l’ambiance sonore de la piscine, qui, ma foi, est acceptée puisque je n’ai pas le choix ici, mais je me dois aussi de supporter les ricanements, les exclamations, les indignations, les conseils, les comptes-rendus de vie quotidienne que j’attrape de long en long du bassin car forcément, elles me croisent souvent, les palmes avancent si bien qu’elles font deux longueurs pendant que je n’en fais qu’une et elles sont tellement comme dans leur salon, que tous nous en profitons.

C’est dommage ! Heureusement qu’elles ne sont pas là toutes les trois chaque fois que je vais nager. Les palmes sont interdites dans de nombreuses piscines, ou bien elles ont leurs propres lignes, celle où je vais n’a pas encore réglementer sur ce point.

Je pars nager, c’est lundi, le sale jour… on verra.

 

Paresse auvergnate.

Il ne fait pas toujours beau en Combrailles.

Mais qu’importe, on se promène, on se prélasse, on jardine de temps en temps et on regarde pousser l’herbe et les fleurs et les poireaux…

J’ai trouvé deux lutins pour ma Joëlle et en pensant très fort au lutin bleu qui s’est pétrifié pour quelques temps sous le balcon de Quichottine.

Ceux-là, sont des rêveurs, Jojobijou et Michoubidou causent sur le pont du bassin qui n’est pas d’Avignon mais qui pourrait…  je m’égare à les écouter compter les nuages.

18119047_1495536407131356_1311084422005767977_n

Il ne pleut pas toujours… mais il pleut souvent, surtout quand je viens passer le mois de repos mérité… ou pas…

On se promène, beaucoup, Gaïa oblige. Y compris sous un ciel de moisson.

18489502_1904125663193246_6893744289431911397_o

Et j’aime ce petit étang, si solitaire avec ses hêtres qui m’enveloppent même sous la pluie.

18423861_1517994668218863_5298493575673733424_n

18491578_1904125313193281_4197674999247230514_o

Un étang où Joëlle danse en parapluie sous un soleil clin d’oeil et où Gaïa regarde en bâillant nos folies douces.

18447052_1904158899856589_4113860736559596026_n

Cette Auvergne verdoyante donne de la force et des sourires en cascades pour me permettre de supporter bientôt toute la chimie de la vallée du Rhône.

Ici je n’écris pas (ou peu), ici je ne lis pas (si peu), ici je profite de chaque moment, je mène en paix ce petit chemin de vie qui chante encore sur mes deux jambes.

DSC_0363

Ici je m’émerveille toujours.

DSC_0348

 

 

L’année nouvelle.

 

 

dsc_0011

Un 2016 qui s’en va pour un 2017, dans la logique d’un calendrier occidental.

Le temps d’un baiser sous le gui, le temps d’une gorgée de champagne peut-être, ou seulement le temps d’une nuit à l’autre.

Un livre, un film, un chant… si on fêtait chaque jour nouveau, ce serait une fête bien plus chaude en nous, bien plus intense dans le moment qui est.

Demain n’existe pas, l’année qui vient n’est que le jour qui vient.

Et tant que l’hiver n’aura pas revêtu sa parure de silence, profitons de l’instant comme un printemps renouvelé car ma photo est en couleur dans la beauté d’un hiver.

Je vous souhaite de la tendresse, de l’empathie, de l’amour dans chaque sourire donné, dans chaque sourire reçu.

Dans chaque soleil ou chaque étoile qui fait rêver, dans l’onde ou l’océan, sur les cimes ou les plaines, dans la forêt ou dans une foule, près de ceux qui vous tiennent la main, prenez soin de vous et de ceux qui vous aiment.

Tous mes vœux vous accompagnent.