Archives pour la catégorie la vie comme elle va

Paresse auvergnate.

Il ne fait pas toujours beau en Combrailles.

Mais qu’importe, on se promène, on se prélasse, on jardine de temps en temps et on regarde pousser l’herbe et les fleurs et les poireaux…

J’ai trouvé deux lutins pour ma Joëlle et en pensant très fort au lutin bleu qui s’est pétrifié pour quelques temps sous le balcon de Quichottine.

Ceux-là, sont des rêveurs, Jojobijou et Michoubidou causent sur le pont du bassin qui n’est pas d’Avignon mais qui pourrait…  je m’égare à les écouter compter les nuages.

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Il ne pleut pas toujours… mais il pleut souvent, surtout quand je viens passer le mois de repos mérité… ou pas…

On se promène, beaucoup, Gaïa oblige. Y compris sous un ciel de moisson.

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Et j’aime ce petit étang, si solitaire avec ses hêtres qui m’enveloppent même sous la pluie.

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Un étang où Joëlle danse en parapluie sous un soleil clin d’oeil et où Gaïa regarde en bâillant nos folies douces.

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Cette Auvergne verdoyante donne de la force et des sourires en cascades pour me permettre de supporter bientôt toute la chimie de la vallée du Rhône.

Ici je n’écris pas (ou peu), ici je ne lis pas (si peu), ici je profite de chaque moment, je mène en paix ce petit chemin de vie qui chante encore sur mes deux jambes.

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Ici je m’émerveille toujours.

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L’année nouvelle.

 

 

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Un 2016 qui s’en va pour un 2017, dans la logique d’un calendrier occidental.

Le temps d’un baiser sous le gui, le temps d’une gorgée de champagne peut-être, ou seulement le temps d’une nuit à l’autre.

Un livre, un film, un chant… si on fêtait chaque jour nouveau, ce serait une fête bien plus chaude en nous, bien plus intense dans le moment qui est.

Demain n’existe pas, l’année qui vient n’est que le jour qui vient.

Et tant que l’hiver n’aura pas revêtu sa parure de silence, profitons de l’instant comme un printemps renouvelé car ma photo est en couleur dans la beauté d’un hiver.

Je vous souhaite de la tendresse, de l’empathie, de l’amour dans chaque sourire donné, dans chaque sourire reçu.

Dans chaque soleil ou chaque étoile qui fait rêver, dans l’onde ou l’océan, sur les cimes ou les plaines, dans la forêt ou dans une foule, près de ceux qui vous tiennent la main, prenez soin de vous et de ceux qui vous aiment.

Tous mes vœux vous accompagnent.

 

 

 

je déménage.

Absolument.

La folie me guette.

Tant et tant à prévoir, à modifier, à dénouer, à signer, à poster…

En effet je déménage, l’esprit est occupé, squatté, détraqué.

Un peu de tristesse, un peu de désarroi, un peu de nostalgie, on mélange et dans le shaker ça bulle de la poudre d’escampette.

Je voudrais être ailleurs et ne le peux point.

La maison des enfants, là où ils ont grandi…

Un coup de vieux sur les cheveux.

Une nouvelle étape, la dernière qui se dessine. Ma petite fille sur mes genoux ailleurs, plus jamais noël dans la maison.

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Il faut tourner la page, la page des jours-enfants, des courses folles entre travail, ménage, activités des garçons, la page des travaux quand je me suis réinstallée, la page de ma petite cuisine roulotte où je ne ferai plus jamais de gâteaux.

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tourner la page des balades au départ de mon portail, tourner la page des pelles à neiges, du patinage pour grimper la rampe de ma rue,

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tourner la page du lac à dix minutes à pied où j’allais l’été dès huit heures du matin faire ma petite heure de natation. Ce bonheur-là, je le retrouverai mais il faudra conduire plutôt que marcher, ou sortir le vélo si j’en ai encore le courage.

Ce bonheur du matin, lac étal, soleil au levant éblouissant, au milieu du lac le corps au repos à regarder le ciel et les sommets si verts.

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Partir, pas si loin, mais laisser derrière cette mansarde des jours guitares.

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Rester un peu dans mon salon, une dernière fois.

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Bye, bye, c’était le dernier coup de blues, car une nouvelle page s’ouvre et elle sera, après tout ce chamboulement, tranquille et détachée de tout ce charivari du passé.

Seul compte le jour qui se lève.

émotivement vôtre.

J’ai déjà évoqué ici la communication non violente.

Bientôt je vais aller à une rencontre à Lyon avec Isabelle Pandovani.

http://www.communification.eu

Hier, Françoise Keller, dont je recommande le livre qui m’est d’un grand secours, a répondu à une personne qui se trouvait lamentable avec sa colère et ses jugements.

Je vous donne sa réponse que je trouve remarquable et touchante.

« ODE À NOS EMOTIONS

ACUEILLIR NOS ÉMOTIONS COMME MESSAGÈRES DE NOS SOIFS DE VIVRE

« Je ne suis pas une émotion « négative »,
je suis ton émotion du moment.
Je suis cette vague qui parcourt ton corps, te serre et t’étreint.
Je suis ton émotion.
Je suis là car j’ai un message pour toi.
Ne m’écoute pas pour que je disparaisse, pour que je change.
Ecoute-moi tout simplement.
Quand tu m’écoutes n’attends pas que je change.
Ecoute-moi tout doucement.
Je suis ton émotion.
Il se peut que ça fasse mal, que ça brûle, que ça serre.
Mais ce qui compte vraiment, ce que j’aimerais que tu entendes,
c’est que j’ai un cadeau pour toi.
Je suis à la mesure de ta soif de vivre, de tes aspirations,
du monde dans lequel tu aspires à vivre.
Je suis à la mesure de l’intensité de ton rêve.
Je suis comme la mer quand elle reflète le ciel ou quand elle reflète ton visage.
Ecoute-moi ou plutôt à travers moi écoute le cadeau que tu es d’avoir soif,
d’être habité par ce torrent de vie qui veut jaillir à travers toi.
Ecoute-toi et écoute ce que tu aspires à vivre à partir de maintenant.
Et je me calmerai tout simplement quand tu auras rencontré
ce qui est beau, vivant et vibrant en toi.Car je ne demeure jamais la même, je bouge, je change, j’évolue.
Signé : Ton émotion du moment…

Texte de Françoise Keller Formatrice certifiée du Centre pour la Communication NonViolente http://www.concertience.fr/ »

 

 

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faire sans contrefaire.

 

DEUX NOUVELLES, euh! Non, pas des récits, quoique… patience c’est la seconde nouvelle.

 

PREMIÈRE NOUVELLE.

Peut être avez-vous remarqué dans la colonne de droite un nouveau logo.

Pour la petite histoire, ma Steph préférée est bibliothécaire et prépare pour une nouvelle médiathèque lyonnaise un objet pas vraiment identifié pour moi qu’elle appelle pyramide numérique ou un truc de ce genre qui permettrait aux adhérents de se connecter pour des lectures de blogs sans en passer par le lien du site et surtout sans avoir de souci avec les droits d’auteur pour la diffusion et le partage.

Si vous n’avez pas tout compris c’est normal parce que moi non plus.

Ceci dit, je suis allée sur le site et après approfondissement je trouve que l’idée est intelligente et partageuse.

Petite vidéo explicative ICI.

 

Allez à la rencontre  de David Revoy de sa petite sorcière et son chat, Pepper&Carrot, et lisez sa page philosophie, ça donne une idée de ce que peut engendrer cette licence.

http://www.peppercarrot.com/fr/article234/potion-of-flight

http://www.peppercarrot.com/fr/static2/philosophy

 

L’intérêt majeur de cette licence c’est qu’elle protège vos oeuvres quelles qu’elles soient, photos, musiques, textes, vidéos, etc.

C’est une philosophie de partage qui me convient.

 

SECONDE NOUVELLE

Ce sont mes billets d’à côté.

Tout en bas dans la colonne de droite… une Elza que je ne comprends pas tout à fait qui me ressemble si peu et pourtant me ressemble. … A vrai dire Je ne comprends pas grand-chose à ce qui anime mon écriture,  en ce moment je m’amuse avec Elza là-bas et j’ai aussi quelques histoires vagabondes qui se promènent dans la forêt de Chancelade ou tout près de l’étang… je ne vous mens pas, j’y suis en ce moment et je vous assure qu’écrire entre les chats qui vont et viennent devant ma tablette, les poules qui caquettent, Gaïa qui a besoin de ma tendresse et les humains qui sont bavards et parfois compliqués… j’ai du mérite.  Ben, oui!

Une autre pitchounette de nouvelle: je suis contente de retrouver tranquillement mes petites histoires.

Et merci pour votre patience et attentive sympathie.

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au fond du jardin de Guenia (suite)

A la terrasse du dernier bistrot du village, l’un boit son thé, l’autre son jus de fruit et Caillette s’abreuve dans la gamelle gentiment apportée par la patronne. La dame brune tente de distraire Guenia, elle évoque la prochaine fête du pays avec son lot de jeux, de danses folkloriques, de ripailles traditionnelles. Mais Guenia en revient à son caillou

– Tu comprends j’ai creusé tout le terrain au moins soixante centimètres profondément. J’ai tamisé tout le terre et emporté les brouettes de cailloux… c’est un trembalement de le terre sans doute qu’on pas senti, le densité trop petit pour sentir. C’est pas normal que le pierre il pousse comme ça. Tu comprends? C’est pas logique que ça pousse après deux ans que j’ai travaillé dans le jardin.

– Mais il y a sans aucun doute une explication rationnelle, tu vas la trouver.

– Oui, explication rationnelle… suis sorcier, Annie, tu sais, mais pas le sorcier comme en France, un sorcier de le chimie, je veux pas que tu penses moi sorcier pour le caillou.

– Je ne crois pas un instant que tu aies fait pousser ce caillou Guenia.

-Tu vas venir contrôler avec le mètre? Tu veux bien pour dire que je suis pas fou, que le caillou il pousse.

Au retour il pose Caillette sur le panier accroché devant le guidon et ils pédalent jusqu’à la maison. Dès qu’ils arrivent, il entraîne Annie vers le jardin.

– Il a encore poussé, dit-il.

-Hé! Mais tu as vu ta murette Guenia? Elle semble s’affaisser, non?

-Oui, c’est moi assis dessus depuis des jours!

-Tu pèses une plume! Tu l’as ton explication…

Le coeur  du problème étant identifié le muret n’a plus qu’à s’effondrer et il s’effondre roulant ses pierres dans le jardin. Guenia, la mâchoire tombante et l’oeil halluciné, s’agenouille, le dos soudain cassé par ses nombreuses heures de labeur devenues si vaines en si peu de minutes . Annie s’approche, il la repousse.

– Pas besoin pitié.

Elle recule brusquement lorsqu’il se met à hurler dans la langue de là-bas. Le voisin d’à côté vient aux nouvelles, Annie explique la situation. D’autres voisins alertés se joignent à Annie et observent muets cette douleur à terre.  Le chien s’est assis à côté de son maître et gémit doucement. Ce sont des années de chagrin qui coulent à flots dans ce jardin d’un bout du monde, un monde que Guenia pensait apprivoiser.

Le groupe s’agite en murmurant, on lui avait dit pourtant pour les fondations, heureusement que ce ne sont pas celles de la maison, mais c’est môssieur je sais tout, je fais tout bien… Annie les fait taire, ce n’est pas le moment de l’accabler, comment l’aider serait plus judicieux. Une voiture s’arrête, la conductrice s’informe et demande s’ils ont trouvé une solution pour se débarrasser du Russe, cette maison devrait être démolie, trop près de la route. Annie bouillonne mais le voisin premier arrivé lui répond vertement, non seulement elle a roulé ce pauvre gars en lui vendant cette maison mais elle demande sa démolition!

– Tu n’es qu’une sous-merde, s’énerve-t-il, pas plus d’humanité que dans ta ferraille ambulante, dégage vite avant que je te péte les phares de ton horrible 4X4.

Ce qu’elle fait rapidement non sans avoir insulté la bande de gros bouseux. Ils se regardent, l’un amusé, un autre encore en colère, un troisième démuni. Annie leur demande de rentrer chez eux, pas la peine de s’attarder ici, ce n’est pas un spectacle et personne ne peut rien pour lui pour l’instant, il cuve un trop plein de souffrances.

Guenia s’est allongé sur les pierres, il sanglote bruyamment, Canaille s’est calé contre lui. Les uns après les autres ils s’éloignent; Annie enfourche sa bicyclette et les yeux humides pédale lentement sur cette petite départementale.

Cette nuit-là, chacun peut entendre le petit grincement de la brouette de Guenia. Au matin son jardin a  retrouvé une allure de jardin. Plus aucune pierre ne le dérangera jamais.

Pendant trois jours personne ne voit Guenia sortir de la maison, juste Canaille qui se promène seul puis revient gémir vers la porte qui s’entrebaille. Rasé de frais, propre et soigné, au quatrième jour il retrouve son vélo,  salue les uns, salue les autres et file en sifflotant jusqu’au supermarché.

au fond du jardin de Guenia.

Toute petite la maison de Guenia. Au rez-de-chaussée une seule pièce, un empilement de cartons, une table, une chaise et près de l’évier un réchaud de camping. A l’étage une chambre avec un matelas à même le sol, des cartons à moitié ouverts avec des vêtements ou des livres et dans un coin un ordinateur et la box internet sur une cagette.

Il y a aussi sur le côté, entre l’habitation et le jardin, une sorte d’atelier ou plutot un charivari d’objets disparates au milieu desquels Guenia travaille. Mais pour lui le materiel n’a absolument aucune importance, seuls comptent la connaissance, le cognitif, l’intellectualisation, le conceptuel mais pas celui de la connaissance philosophique ou autres babioles cérébrales, non celui des sciences exactes genre mathématique, physique, chimie. Terreau indispensable du développement de son intelligence. Dans une autre vie, sur les rives de la Volga, il était chimiste. Depuis trois ans il est devenu propriétaire de cette maison et de son jardin dans ce hameau perdu de France.

Le jardin de Guenia est tout petit, entouré d’un muret et bien nettoyé de tous ses cailloux qu’il emportait dans sa brouette la nuit pour combler les ornières des chemins. Il aura des pommes de terre, des poireaux, des choux et des carottes en suffisance. Il est tout en désordre son carré de légumes, l’herbe folle s’y sent bien. Il ne l’arrache pas car Guenia a des idées précises sur les mauvaises herbes, elles gardent l’humidité et protègent la terre du gel.

Guenia n’est pas laid, il a le visage aigu et buriné, de gros yeux clairs et encore une bonne tignasse grisonnante. Il est maigre et noueux et sa force de travail est inversement proportionnelle à son gabarit. C’est paradoxal, dirait-il. Il pense toujours en russe, il a l’expression lente. Ses voisins s’en méfient, il ne vit pas comme eux. Il dort jusqu’à midi, bricole dans son atelier ou son jardin, se promène la nuit avec Caillette sa chienne et franchement s’est fait avoir par l’achat de cette maison inhabitable. Il part aux commissions avec son vélo, trente kilomètres aller-retour jusqu’au supermarché le plus proche, été comme hiver on le voit pédaler sur les routes vallonnées avec son gros sac à dos.

Cet hiver, il aura chaud. Il a fabriqué son poèle, et il a installé derrière la maison de quoi récupérer l’eau de pluie. Quand il explique ses installations, c’est lent, difficile à suivre dans ce charabia franco-slave surtout quand on n’a pas les compétences. Alors il suffit de lui dire qu’il a des connaissances, du savoir-faire et de la créativité. Ça le rend content.

Mais depuis quelques temps, il semble hagard. Il s’assoit sur la murette au fond de son jardin et regarde un caillou qui pousse à ses pieds. Inadmissible! Il a creusé partout, il a sorti des tonnes de pierre, y compris ce rocher qu’il a dû casser en une trentaine de morceaux et ensuite il a tamisé toute la terre. Mais là, sous sa botte, un gros caillou tout pareil pousse. Il mesure plusieurs fois par jour, il pousse vraiment.

– C’est paradoxal!

Souvent assis sur sa murette, aucun voisin ne semble s’intéresser à cette nouvelle lubie. Il ne sort plus la nuit, sa lampe reste allumée, il recherche sur internet toute l’histoire géologique, séismique, volcanique, minière du territoire. Au matin, il se précipite au fond du jardin avec son mètre. Il reste ainsi de longues heures à observer ce phénomène inexplicable.

Personne ne se préoccupe de ce petit bonhomme silencieux et malheureux sauf la dame brune qui s’inquiète de son absence de réaction quand elle passe en vélo devant son jardin et qu’il ne répond plus à son salut.

Un matin elle s’arrête. Il lui montre l’objet de ses insomnies. Elle lui propose de venir prendre un pot au village pour lui changer les idées.

Il la suit en vélo, Canaille les suit sur ses pattes courtes et robustes.

(À suivre… j’avais écrit toute la nouvelle, et hop! Mauvaise manip, il me faut réinventer les phrases qui vont avec l’histoire)