Archives pour la catégorie la vie comme elle va

les papoteuses palmées.

 

 

Elles sont trois, bien en ligne côte à côte, bien centrées dans l’espace de bain de la partie qui nous est consentie par les maîtres nageurs. Ils se réservent deux à trois lignes pour leurs élèves et cours particuliers.

Elles portent l’obligatoire bonnet avec les lunettes disgracieuses posées dessus, mais leur tête sont hors de l’eau. La planche de natation à l’avant toute, et les palmes à vagues ancrées aux pieds, elles dépassent tous les nageurs conformistes.

C’est le cortège des papoteuses.

Il faut s’en méfier, je vous le dis, s’en méfier énormément.

Leurs éclats de voix bourdonnent jusque sous l’eau, et leurs papotages nous parviennent et freinent parfois nos élans brassés car elles passent sans souci de l’autre, griffant aussi les jambes de grenouilles qui s’aventurent trop près.

Je les fréquente assidûment depuis que j’ai repris la natation, et comme je ne peux m’inscrire au club, déplacements fréquents d’un endroit à l’autre, je me débrouille dans le bassin et selon la population, ce sont des moments sympathiques quand il y a peu de monde, ou des moments éprouvants à toujours faire attention au nageur qui vient en face quand nous sommes trop nombreux.

Parfois je ruse et passe dans la ligne des bons niveaux, moi qui ralentis tout le monde, et là je peux encore crawler gentiment, mais pas question de m’amuser à cette nage et encore moins pratiquer le dos, lorsque nous sommes tant de grenouilles à se déplacer sur quatre lignes libres.

Les papoteuses vont bon train, celle du milieu tournant la tête à droite, puis à gauche, celle de gauche a le cou tordu à droite et inversement pour celle de droite. La logorrhée ne cesse jamais, une demi-heure, une heure (jamais plus car lasse je m’en vais).

Je ne sais si elles se rendent compte de l’agacement des autres nageurs, en tous cas elles les ignorent, la piscine leur appartient. Entre nous, quand on se retrouve deux minutes en repos on se regarde en soupirant. Ce sont les obstacles les plus difficiles à éviter, et moi qui aime la liberté de la nage en lac, je suis confrontée à l’ambiance sonore de la piscine, qui, ma foi, est acceptée puisque je n’ai pas le choix ici, mais je me dois aussi de supporter les ricanements, les exclamations, les indignations, les conseils, les comptes-rendus de vie quotidienne que j’attrape de long en long du bassin car forcément, elles me croisent souvent, les palmes avancent si bien qu’elles font deux longueurs pendant que je n’en fais qu’une et elles sont tellement comme dans leur salon, que tous nous en profitons.

C’est dommage ! Heureusement qu’elles ne sont pas là toutes les trois chaque fois que je vais nager. Les palmes sont interdites dans de nombreuses piscines, ou bien elles ont leurs propres lignes, celle où je vais n’a pas encore réglementer sur ce point.

Je pars nager, c’est lundi, le sale jour… on verra.

 

Publicités

Paresse auvergnate.

Il ne fait pas toujours beau en Combrailles.

Mais qu’importe, on se promène, on se prélasse, on jardine de temps en temps et on regarde pousser l’herbe et les fleurs et les poireaux…

J’ai trouvé deux lutins pour ma Joëlle et en pensant très fort au lutin bleu qui s’est pétrifié pour quelques temps sous le balcon de Quichottine.

Ceux-là, sont des rêveurs, Jojobijou et Michoubidou causent sur le pont du bassin qui n’est pas d’Avignon mais qui pourrait…  je m’égare à les écouter compter les nuages.

18119047_1495536407131356_1311084422005767977_n

Il ne pleut pas toujours… mais il pleut souvent, surtout quand je viens passer le mois de repos mérité… ou pas…

On se promène, beaucoup, Gaïa oblige. Y compris sous un ciel de moisson.

18489502_1904125663193246_6893744289431911397_o

Et j’aime ce petit étang, si solitaire avec ses hêtres qui m’enveloppent même sous la pluie.

18423861_1517994668218863_5298493575673733424_n

18491578_1904125313193281_4197674999247230514_o

Un étang où Joëlle danse en parapluie sous un soleil clin d’oeil et où Gaïa regarde en bâillant nos folies douces.

18447052_1904158899856589_4113860736559596026_n

Cette Auvergne verdoyante donne de la force et des sourires en cascades pour me permettre de supporter bientôt toute la chimie de la vallée du Rhône.

Ici je n’écris pas (ou peu), ici je ne lis pas (si peu), ici je profite de chaque moment, je mène en paix ce petit chemin de vie qui chante encore sur mes deux jambes.

DSC_0363

Ici je m’émerveille toujours.

DSC_0348

 

 

L’année nouvelle.

 

 

dsc_0011

Un 2016 qui s’en va pour un 2017, dans la logique d’un calendrier occidental.

Le temps d’un baiser sous le gui, le temps d’une gorgée de champagne peut-être, ou seulement le temps d’une nuit à l’autre.

Un livre, un film, un chant… si on fêtait chaque jour nouveau, ce serait une fête bien plus chaude en nous, bien plus intense dans le moment qui est.

Demain n’existe pas, l’année qui vient n’est que le jour qui vient.

Et tant que l’hiver n’aura pas revêtu sa parure de silence, profitons de l’instant comme un printemps renouvelé car ma photo est en couleur dans la beauté d’un hiver.

Je vous souhaite de la tendresse, de l’empathie, de l’amour dans chaque sourire donné, dans chaque sourire reçu.

Dans chaque soleil ou chaque étoile qui fait rêver, dans l’onde ou l’océan, sur les cimes ou les plaines, dans la forêt ou dans une foule, près de ceux qui vous tiennent la main, prenez soin de vous et de ceux qui vous aiment.

Tous mes vœux vous accompagnent.

 

 

 

je déménage.

Absolument.

La folie me guette.

Tant et tant à prévoir, à modifier, à dénouer, à signer, à poster…

En effet je déménage, l’esprit est occupé, squatté, détraqué.

Un peu de tristesse, un peu de désarroi, un peu de nostalgie, on mélange et dans le shaker ça bulle de la poudre d’escampette.

Je voudrais être ailleurs et ne le peux point.

La maison des enfants, là où ils ont grandi…

Un coup de vieux sur les cheveux.

Une nouvelle étape, la dernière qui se dessine. Ma petite fille sur mes genoux ailleurs, plus jamais noël dans la maison.

dsc_0264

Il faut tourner la page, la page des jours-enfants, des courses folles entre travail, ménage, activités des garçons, la page des travaux quand je me suis réinstallée, la page de ma petite cuisine roulotte où je ne ferai plus jamais de gâteaux.

dsc_0053

tourner la page des balades au départ de mon portail, tourner la page des pelles à neiges, du patinage pour grimper la rampe de ma rue,

PENTAX Image

tourner la page du lac à dix minutes à pied où j’allais l’été dès huit heures du matin faire ma petite heure de natation. Ce bonheur-là, je le retrouverai mais il faudra conduire plutôt que marcher, ou sortir le vélo si j’en ai encore le courage.

Ce bonheur du matin, lac étal, soleil au levant éblouissant, au milieu du lac le corps au repos à regarder le ciel et les sommets si verts.

dsc_0256

Partir, pas si loin, mais laisser derrière cette mansarde des jours guitares.

PENTAX Image

Rester un peu dans mon salon, une dernière fois.

dsc_0153

 

Bye, bye, c’était le dernier coup de blues, car une nouvelle page s’ouvre et elle sera, après tout ce chamboulement, tranquille et détachée de tout ce charivari du passé.

Seul compte le jour qui se lève.

émotivement vôtre.

J’ai déjà évoqué ici la communication non violente.

Bientôt je vais aller à une rencontre à Lyon avec Isabelle Pandovani.

http://www.communification.eu

Hier, Françoise Keller, dont je recommande le livre qui m’est d’un grand secours, a répondu à une personne qui se trouvait lamentable avec sa colère et ses jugements.

Je vous donne sa réponse que je trouve remarquable et touchante.

« ODE À NOS EMOTIONS

ACUEILLIR NOS ÉMOTIONS COMME MESSAGÈRES DE NOS SOIFS DE VIVRE

« Je ne suis pas une émotion « négative »,
je suis ton émotion du moment.
Je suis cette vague qui parcourt ton corps, te serre et t’étreint.
Je suis ton émotion.
Je suis là car j’ai un message pour toi.
Ne m’écoute pas pour que je disparaisse, pour que je change.
Ecoute-moi tout simplement.
Quand tu m’écoutes n’attends pas que je change.
Ecoute-moi tout doucement.
Je suis ton émotion.
Il se peut que ça fasse mal, que ça brûle, que ça serre.
Mais ce qui compte vraiment, ce que j’aimerais que tu entendes,
c’est que j’ai un cadeau pour toi.
Je suis à la mesure de ta soif de vivre, de tes aspirations,
du monde dans lequel tu aspires à vivre.
Je suis à la mesure de l’intensité de ton rêve.
Je suis comme la mer quand elle reflète le ciel ou quand elle reflète ton visage.
Ecoute-moi ou plutôt à travers moi écoute le cadeau que tu es d’avoir soif,
d’être habité par ce torrent de vie qui veut jaillir à travers toi.
Ecoute-toi et écoute ce que tu aspires à vivre à partir de maintenant.
Et je me calmerai tout simplement quand tu auras rencontré
ce qui est beau, vivant et vibrant en toi.Car je ne demeure jamais la même, je bouge, je change, j’évolue.
Signé : Ton émotion du moment…

Texte de Françoise Keller Formatrice certifiée du Centre pour la Communication NonViolente http://www.concertience.fr/ »

 

 

14690989_1248243445218430_2137079963956349243_n

faire sans contrefaire.

 

DEUX NOUVELLES, euh! Non, pas des récits, quoique… patience c’est la seconde nouvelle.

 

PREMIÈRE NOUVELLE.

Peut être avez-vous remarqué dans la colonne de droite un nouveau logo.

Pour la petite histoire, ma Steph préférée est bibliothécaire et prépare pour une nouvelle médiathèque lyonnaise un objet pas vraiment identifié pour moi qu’elle appelle pyramide numérique ou un truc de ce genre qui permettrait aux adhérents de se connecter pour des lectures de blogs sans en passer par le lien du site et surtout sans avoir de souci avec les droits d’auteur pour la diffusion et le partage.

Si vous n’avez pas tout compris c’est normal parce que moi non plus.

Ceci dit, je suis allée sur le site et après approfondissement je trouve que l’idée est intelligente et partageuse.

Petite vidéo explicative ICI.

 

Allez à la rencontre  de David Revoy de sa petite sorcière et son chat, Pepper&Carrot, et lisez sa page philosophie, ça donne une idée de ce que peut engendrer cette licence.

http://www.peppercarrot.com/fr/article234/potion-of-flight

http://www.peppercarrot.com/fr/static2/philosophy

 

L’intérêt majeur de cette licence c’est qu’elle protège vos oeuvres quelles qu’elles soient, photos, musiques, textes, vidéos, etc.

C’est une philosophie de partage qui me convient.

 

SECONDE NOUVELLE

Ce sont mes billets d’à côté.

Tout en bas dans la colonne de droite… une Elza que je ne comprends pas tout à fait qui me ressemble si peu et pourtant me ressemble. … A vrai dire Je ne comprends pas grand-chose à ce qui anime mon écriture,  en ce moment je m’amuse avec Elza là-bas et j’ai aussi quelques histoires vagabondes qui se promènent dans la forêt de Chancelade ou tout près de l’étang… je ne vous mens pas, j’y suis en ce moment et je vous assure qu’écrire entre les chats qui vont et viennent devant ma tablette, les poules qui caquettent, Gaïa qui a besoin de ma tendresse et les humains qui sont bavards et parfois compliqués… j’ai du mérite.  Ben, oui!

Une autre pitchounette de nouvelle: je suis contente de retrouver tranquillement mes petites histoires.

Et merci pour votre patience et attentive sympathie.

dsc_0002-1

 

 

au fond du jardin de Guenia (suite)

A la terrasse du dernier bistrot du village, l’un boit son thé, l’autre son jus de fruit et Caillette s’abreuve dans la gamelle gentiment apportée par la patronne. La dame brune tente de distraire Guenia, elle évoque la prochaine fête du pays avec son lot de jeux, de danses folkloriques, de ripailles traditionnelles. Mais Guenia en revient à son caillou

– Tu comprends j’ai creusé tout le terrain au moins soixante centimètres profondément. J’ai tamisé tout le terre et emporté les brouettes de cailloux… c’est un trembalement de le terre sans doute qu’on pas senti, le densité trop petit pour sentir. C’est pas normal que le pierre il pousse comme ça. Tu comprends? C’est pas logique que ça pousse après deux ans que j’ai travaillé dans le jardin.

– Mais il y a sans aucun doute une explication rationnelle, tu vas la trouver.

– Oui, explication rationnelle… suis sorcier, Annie, tu sais, mais pas le sorcier comme en France, un sorcier de le chimie, je veux pas que tu penses moi sorcier pour le caillou.

– Je ne crois pas un instant que tu aies fait pousser ce caillou Guenia.

-Tu vas venir contrôler avec le mètre? Tu veux bien pour dire que je suis pas fou, que le caillou il pousse.

Au retour il pose Caillette sur le panier accroché devant le guidon et ils pédalent jusqu’à la maison. Dès qu’ils arrivent, il entraîne Annie vers le jardin.

– Il a encore poussé, dit-il.

-Hé! Mais tu as vu ta murette Guenia? Elle semble s’affaisser, non?

-Oui, c’est moi assis dessus depuis des jours!

-Tu pèses une plume! Tu l’as ton explication…

Le coeur  du problème étant identifié le muret n’a plus qu’à s’effondrer et il s’effondre roulant ses pierres dans le jardin. Guenia, la mâchoire tombante et l’oeil halluciné, s’agenouille, le dos soudain cassé par ses nombreuses heures de labeur devenues si vaines en si peu de minutes . Annie s’approche, il la repousse.

– Pas besoin pitié.

Elle recule brusquement lorsqu’il se met à hurler dans la langue de là-bas. Le voisin d’à côté vient aux nouvelles, Annie explique la situation. D’autres voisins alertés se joignent à Annie et observent muets cette douleur à terre.  Le chien s’est assis à côté de son maître et gémit doucement. Ce sont des années de chagrin qui coulent à flots dans ce jardin d’un bout du monde, un monde que Guenia pensait apprivoiser.

Le groupe s’agite en murmurant, on lui avait dit pourtant pour les fondations, heureusement que ce ne sont pas celles de la maison, mais c’est môssieur je sais tout, je fais tout bien… Annie les fait taire, ce n’est pas le moment de l’accabler, comment l’aider serait plus judicieux. Une voiture s’arrête, la conductrice s’informe et demande s’ils ont trouvé une solution pour se débarrasser du Russe, cette maison devrait être démolie, trop près de la route. Annie bouillonne mais le voisin premier arrivé lui répond vertement, non seulement elle a roulé ce pauvre gars en lui vendant cette maison mais elle demande sa démolition!

– Tu n’es qu’une sous-merde, s’énerve-t-il, pas plus d’humanité que dans ta ferraille ambulante, dégage vite avant que je te péte les phares de ton horrible 4X4.

Ce qu’elle fait rapidement non sans avoir insulté la bande de gros bouseux. Ils se regardent, l’un amusé, un autre encore en colère, un troisième démuni. Annie leur demande de rentrer chez eux, pas la peine de s’attarder ici, ce n’est pas un spectacle et personne ne peut rien pour lui pour l’instant, il cuve un trop plein de souffrances.

Guenia s’est allongé sur les pierres, il sanglote bruyamment, Canaille s’est calé contre lui. Les uns après les autres ils s’éloignent; Annie enfourche sa bicyclette et les yeux humides pédale lentement sur cette petite départementale.

Cette nuit-là, chacun peut entendre le petit grincement de la brouette de Guenia. Au matin son jardin a  retrouvé une allure de jardin. Plus aucune pierre ne le dérangera jamais.

Pendant trois jours personne ne voit Guenia sortir de la maison, juste Canaille qui se promène seul puis revient gémir vers la porte qui s’entrebaille. Rasé de frais, propre et soigné, au quatrième jour il retrouve son vélo,  salue les uns, salue les autres et file en sifflotant jusqu’au supermarché.