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la mer est grise ce matin

 

 

A Bill

 

Comme les fleurs du jardin

La mer est grise ce matin

 

Une voix dans la nuit une musique douce et les mots vagabonds

L’aube alourdit l’instant

Les clefs sont sur la table

 

L’été a tout jeté

La musique douce les mots qui l’accompagnent et la voix éraillée

L’été lourd du passé si présent à l’oreille

L’été a tout jeté

L’automne et le printemps

L’hiver sonne déjà

 

Les chants glacent et réchauffent

Rien ne s’efface

Cœur fragile cœur brisé

Dans le « o » de l’oser

Et le « i » du désir

Un bouquet pour demain

Flâne dans un souvenir

Désormais hors saison

 

L’été a tout jeté et le matin est gris

Gris d’eau de brouillard

Les clefs sont sur la table

 

 

Sorry,

blind man

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Paresse auvergnate.

Il ne fait pas toujours beau en Combrailles.

Mais qu’importe, on se promène, on se prélasse, on jardine de temps en temps et on regarde pousser l’herbe et les fleurs et les poireaux…

J’ai trouvé deux lutins pour ma Joëlle et en pensant très fort au lutin bleu qui s’est pétrifié pour quelques temps sous le balcon de Quichottine.

Ceux-là, sont des rêveurs, Jojobijou et Michoubidou causent sur le pont du bassin qui n’est pas d’Avignon mais qui pourrait…  je m’égare à les écouter compter les nuages.

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Il ne pleut pas toujours… mais il pleut souvent, surtout quand je viens passer le mois de repos mérité… ou pas…

On se promène, beaucoup, Gaïa oblige. Y compris sous un ciel de moisson.

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Et j’aime ce petit étang, si solitaire avec ses hêtres qui m’enveloppent même sous la pluie.

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Un étang où Joëlle danse en parapluie sous un soleil clin d’oeil et où Gaïa regarde en bâillant nos folies douces.

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Cette Auvergne verdoyante donne de la force et des sourires en cascades pour me permettre de supporter bientôt toute la chimie de la vallée du Rhône.

Ici je n’écris pas (ou peu), ici je ne lis pas (si peu), ici je profite de chaque moment, je mène en paix ce petit chemin de vie qui chante encore sur mes deux jambes.

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Ici je m’émerveille toujours.

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brumes des fées.

à Joëlle.

 

La forêt s’éveille au soleil, je passe entre pluie et grisaille, je passe entre lumière et brume.

 

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Est-il caché sous le feuillage roux, celui qui donne la couleur au jour ?
Est-il caché aux cimes des sapins, ou derrière les branches brisées du vent d’hier ?

 

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Entre gouttes argentées et gouttes dorées s’installe la magie de l’instant.

 

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Ce n’est pas il y a cinq minutes, ce n’est pas dans cinq minutes, c’est juste l’instant, celui du jaillissement, de l’union merveilleuse entre le soleil, l’air et l’eau.

 

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Une joie sublime se lève dans la beauté toute nue.

 

 

PS: les photos ont été prises ce matin par mon amie Joëlle, elles ne sont pas libres de droit.

L’hiver en sa beauté.

La nature se pare de nos sensations et nos sentiments.

Il fait grand froid dans la forêt.

Les doigts gantés se crispent dans les poches où gît mon téléphone.

Une photo?

Non, j’ai la gelure si je quitte mes gants.

Une photo. Allez!

Partage la beauté.

Les arbres sont couverts de givre. Ils doivent souffrir eux aussi de ces températures hivernales, pourtant je m’émerveille de la beauté qu’ils dégagent dans leurs habits blancs.

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Tout autour, le silence.

Ce silence particulier des forêts quand chaque bête est terrée. Aucune branche ne craque, aucun oiseau -pas même le geai si criard- n’ose briser la lumière cristalline.

Et je reste dans cet émerveillement. Immobile malgré la froidure qui me prend toute, immobile comme l’arbre qui sous l’apparat d’hiver prépare déjà, dans ce repos indispensable, le printemps prochain.

Gaïa inquiète revient vers moi. Et dans ce sourire du matin, j’ose enfin saisir l’appareil et quitter les gants.

En Auvergne, les feuillus sont nombreux, hêtres et chênes surtout.

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Dialogue avec eux, enlacés-embranchés, majestueux au milieu d’un champ… d’un chant de silence.

mon cairn à coeur.

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Il fut un temps où les sommets de l’Oisans, du Dévoluy, du Vercors, de la Chartreuse, du Queyras et même de la Corse ne m’effrayaient pas. Seules les grottes à goulottes, celles de la spéléologie d’amateurs me paniquaient. Mais ça c’est une autre histoire.

On suivait tranquillement les cairns érigés par les randonneurs et parfois on en dressait un à la croisée de plusieurs sentiers ou tout en haut là-haut, après le moment du repos, comme pour laisser une trace de joie. (Un cairn s’appelle aussi une montjoie).

Aujourd’hui les genoux ne supportent plus les descentes escarpées et caillouteuses, alors je me contente de sorties plus adaptées.

En Auvergne, c’est à la portée de mes articulations.

Et là-bas, dans le grand calme vert des Combrailles, il y a un lieu plus calme encore, imprégné d’une sérénité qui émane sans doute du temple bouddhiste.

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A l’extérieur, d’amusants cairns dressés sur la margelle du muret m’invitent à  poser le mien avec ce joli coeur rose.

Coeur de pierre?

Mais qui connaît vraiment ce que pensent les pierres?

Plus impressionnants, en bas dans le champ, d’autres cairns symbolisent le passage de patients visiteurs. Au Tibet, ils sont liés aux drapeaux de prières.

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Délaissant le temple où se déroule une cérémonie, j’ai rejoint la bambouseraie.

Un lieu presque aussi religieux. Un îlot de silence végétal.

Une paix.

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comme un avion.

Je ne vais plus beaucoup au cinéma, pourtant j’adore regarder les films dans une salle.

Surtout celle de La Mure d’Isère, une salle art et essai et une association qui gère des spectacles de danse, du théâtre, des concerts. Tous de bonne qualité.

Aujourd’hui je ne sais plus, je n’y suis plus assez souvent, mais la programmation reste intéressante avec des films plus discrets, et quelques grosses productions, il faut bien remplir les caisses.

C’est un cinéma-théâtre, j’y suis allée si souvent avec ou sans mes élèves. Une belle salle et un balcon. Depuis peu une petite salle s’est ajoutée à l’étage d’une cinquantaine de places.

http://www.lmct.fr/

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Ce soir-là, avec mes amis, au dernier moment on se décide pour « comme un avion » de Bruno Podalydès. J’avais beaucoup aimé « l’enterrement de mémé », entre poésie et dérision, la critique avait été désastreuse, pourtant je me suis régalée.

C’est parti!

Dans notre petit groupe la sœur de mon amie dont je vais découvrir le rire communicatif. Vous comprenez déjà que le film est amusant, d’un humour décalé. C’est le portrait d’un quincagénaire, Michel (Bruno Podalydès) qui s’ennuie au travail (il anime en 3D des jeux vidéo) et qui rêve d’aventure.

A une réunion de travail, son ami-patron, Gilles (Denis Podalydès) évoque le palindrome. Les employés cherchent immédiatement des palindromes sur leur mobile android. Lui non. Il cherchera plus tard et il trouvera « kayak ». A partir de ce mot, l’aventure commence, il lâche ses rêves d’aviateur vraiment inaccessibles (la scène du démarrage de sa moto est symbolique de sa passion) et se lance dans la navigation: il achète tout, le meilleur kayak et l’équipement qui va avec, en cachette de sa femme dans un premier temps puis après les aveux, elle le conduira elle-même à la rivière. Il est un peu anxieux tout de même et va commencer par manger tous les pom’potes de sa réserve et faire la sieste dans le pré avec sa femme, quand il la quitte, c’est presque un déchirement d’adieu (pour lui).

Je ne vais pas raconter le récit tout entier, sauf qu’il fera une aventure de 5 kilomètres riches en beauté et en rencontres généreuses, à l’exception d’un pêcheur qui déteste les kayaks et qui l’insulte. Ce pêcheur, racontera-t-il au retour de son premier départ raté, ressemble à Pierre Arditi mais en plus méchant. Il avait prévu d’aller jusqu’à la mer en une semaine, mais ce n’est pas de sa faute, on va dire qu’il a des actes manqués car cette guinguette au bord de l’eau invite au bonheur.

C’est le portrait d’un aventurier qui se laisse porter par la rivière, à moins que ce ne soit la rivière qui est portée par ses rêves de douceur.

Un joli moment, poétique, tendre et drôle assurément, avec quelques chansons  qu’on écoute presque jusqu’au bout, car on prend le temps nous aussi, on se laisse bercer dans ce kayak de doux rêveur: « comme un avion », évidemment de Charles Elie Couture, « le temps de vivre » de Moustaki » et « Venus » de Bashung…

Si vous étiez assis en face de moi, sûr que je vous ferais la démonstration des meilleures séquences avec les mains et du rire. Et n’oubliez jamais que lorsque vous envoyez une photo de votre mobile, le lieu est géolocalisé, car vous pourriez être pris en flagrant délit de mensonge tout comme Michel, qui de gros plan en gros plan sur la végétation, annonçait à son épouse qu’il avançait drôlement bien vers la mer.

En tous cas, cette guinguette au bord de l’eau, j’y serais bien restée aussi.

 

lorsque l’enfant était enfant.

Lorsque l’enfant était enfant.
Ainsi commence les ailes du désir.
Un film, une beauté, un ange, un amour.

« lorsque l’enfant était enfant il n’avait d’opinion sur rien, il n’avait pas d’habitudes, souvent il s’asseyait en tailleur, partait en courant…

lorsque l’enfant était enfant il a lancé un bâton contre un arbre comme un javelot et il y vibre toujours »

Mais qui est cet enfant qui était enfant?
Sinon toi, sinon moi, enfant vieilli, emmailloté dans les filets du temps qui file, décomposé du passé.

L’enfant lorsqu’il était enfant était le bain et l’eau, était le sable et le pâté de sable, était le cri et le rire.
Quand le bain devient bain, quand le sable gratte la sandale, quand le cri s’étouffe  et le rire s’éteint, l’enfant ploie ses ailes.

Les ailes ployées, l’enfant avance à petits pas sur le béton armé, le vieil enfant désaxé n’est plus l’eau, ni le sable, ni le cri et le rire, il n’est plus l’univers, à peine un passant, un outil d’usine, une stratégie militaire, un étalé de prétention, un gradé du vide, une souffrance.

Juste une souffrance qui caquète dans un poulailler.

Et le désir s’étiole entre les plumes vaines.

Mais le bâton comme un javelot?

A nouveau l’eau du bain, le grain de sable, l’arbre de la forêt, et joindre l’horizon,  gratter la terre, la goûter, rire du roseau sous le vent, pleurer le mulot mort, écouter la vie qui bat dans le cou, le baiser qui chatouille, la caresse d’un souffle, si tu es toi et je suis moi, si je suis là et toi là-bas, je suis et tu es et l’univers est ce nous.

Garder dans sa main la main de l’enfant comme un arbre qui vibre.